(aucun autre titre ne le disait plus simplement et efficacement)
Le nom invoque la frénésie pour certains, l’inconnu pour d’autres, mais personne n’ayant entendu l’œuvre du groupe ne reste indifférent. Et pour cause; mais pourtant, c’est en spectacle que l’expérience prend tout son sens. Les ayant vu il y a près de deux ans au Corona, j’ai eu la chance de répéter l’exploit en étant parmi les quelques chanceux ayant assistés à leur toute première prestation (d’une série de 5) hier soir au Ukranian Federation building, un mois jour pour jour avant la sortie de leur nouvel album
Neon Bible.
Et c’est à cet album que nous avons eu droit, presque en entier, dans la première moitié du spectacle. Des pièces sombres, mais toujours grandioses, livrées avec une attitude plus "droit au but" qu’auparavant. Un son plus brut malgré la profondeur habituelle des violons, cuivres, orgue et claviers. Première surprise : Richard Reed Parry a quasi délaissé le violoncelle pour la guitare à plein temps. Toutes les instrumentations étaient moins extravertis, mais toujours aussi talentueuses, peu importe qui se trouvait où, l'entièreté du groupe s'échangeant constamment les rôles.
Peut-être à défaut du public de connaître déjà par cœur les nouvelles compositions, là où le spectacle prend vraiment son envol (après une nouvelle version de la classique
No Cars Go) c’est au moment où les pièces de
Funeral prenne les devants, avec un medley de celles-ci qui se transformera en improvisation musicale d’une pesanteur soutenue jusqu’à ce que le tout se termine sur les notes plus acoustiques du premier extrait de
Neon Bible (
Intervention, déjà disponible sur iTunes), avant que le groupe ne se fasse désirer au son d’une salle qui en redemande au point où je me questionne sur la solidité du balcon.
De retour sur scène plus humidifiés que jamais, l’énergie (et la chaleur ambiante) monte encore d’un cran et c’est la folie dès les premières notes de
Tunnels… Une finale grandiose. Mais pas tout à fait, car le groupe revient, sans brancher ses instruments, pour y aller d’une version de chambre de leur hymne
Wake Up (tout ce qu’il manquait pour faire léviter la foule) où Win et Régine se sont rendus au milieu de la foule pour chanter armés de leur parlophones. C’est par la suite que, une fois le tout terminé, Win quitta par l’arrière, passant juste à côté de nous (je me sentais petit physiquement pour une rare fois) pour se diriger à l’extérieur. Allaient-ils joués sur le parquet extérieur comme ils l’ont fait à Londres la semaine dernière? Peu probable considérant le froid Sybérien...
Conclusion: il ne voulait que de l’air, son corps trempé comme rarement j’ai vu un musicien l’être. La condensation créait un effet surprenant, une impressionnante fumée se dégageant de son corps, une aura se créant à l’entoure de lui.
Celle des plus grands. Une scène presque divine.
Il ne nous restait plus qu’à repartir tranquillement, marcher quelques minutes sur Fairmount et attraper quelques bagels.
La soirée fut parfaite.
(pics to come (the best we could do) later!)