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29.12.08

Faut-il absolument dire aurevoir aux journaux ?

J'ai beau changer de métier, reste-t-il qu'à la base je demeure toujours un passionné de la communication et des médias sociaux; de plus en plus dans la communauté des gurus et faux gurus de la comm on discute davantage des grands défis des journaux imprimés face à une concurrence montante du Web. C'est autant une question pratique que économique pour les lecteurs mais aussi pour les éditeurs.

Nous connaissons tous les mises à pieds tout récentes chez plusieurs quotidiens anglophones et francophones au Canada. Perte de revenus publicitaire, d'abonnements et jusqu'à un certain point un manque d'intérêt de la part du public, les grands quotidiens tentent si bien que mal de s'adapter à cet univers changeant. C'est presque écrit dans le ciel ce qui adviendra des journaux dans un future beaucoup plus proche que l'on peut y croire.

Aux États-Unis, le Centre de recherche Pew à Washington sont arrivés à la conclusion que les habitudes des américains face aux médias traditionnels a énormément changé. Dans un cadre d'un an, le nombre de consommateur qui se fient au Web pour leurs nouvelles est passé de 24% à 40%, dépassant le 35% des gens qui utilisent encore les journaux pour s'informer. Ces chiffres viennent confirmer tout simplement ce que la majorité de nous savions déjà.

Là où il faut se poser des question c'est par rapport à l'hedbo local. Pour avoir travailler dans le millieu de ces petits médias je peux vous confirmer qu'il y a encore beaucoup un trop grand nombre d'éditeurs qui hésitent à investir dans le Web- car localement, les commerçants ne veulent pas y mettre de l'argent et donc par conséquence, les hebdos locaux sont plus souvent absents du Web. Un choix judicieux ? Peut-être pas.

Une telle hésitation d'investir dans le Web local c'est de négliger une niche publicitaire importante qui est laissée de côté par les plus grandes corporation mais également c'est manquer la chance de rendre des informations et des nouvelles locales disponibles à un plus grand nombre de citoyens possible. J'entends déjà des éditeurs : "Rendre de l'information gratuite ?" Oui, c'est difficile à concevoir comme idée, mais pour survivre il faudra faire des compromis à un certain point.

C'est que les stratégies de marketing des hebdos est désuette. Vendre des espaces publicitaires et publi-reportages, imprimer le journal, distribuer et vendre le journal et recommencer à chaque semaine ou deux.

En réalité, je me demande si les hebdos peuvent empêcher un déclin de leurs marchés distincts ? Car après tout un jour, le publique plus âgé qui s'accroche aux hebdos locaux vas finir par...et bien mourrir. Et si on se fie à l'étude du Centre de recherche Pew encore une fois, c'est chez les 29 ans et moins qu'a eu lieu la plus rapide et grande migration du média traditionnel vers le Web pour l'information, passant de 34% à 59% égalant la télévision mais laissant les journaux loin derrière à 28%.

Ce sont ces jeunes là que les hebdos doivent maintenant séduire et il faut comprendre que leurs habitudes de consommation d'information sont de loin différentes de celles de leurs parents. L'hebdo est-il condamné à disparaître ? Les gens de l'industrie vous diront toujours que non, qu'il y aura toujours une place pour l'hedbo local et que la nouvelle locale est de plus en plus populaire...je ne dis pas le contraire, par contre, le médium à travers lequel on prends nos nouvelles locales sera à changer bientôt et les éditeurs doivent s'en rendre compte.

Existe-t-il un mix parfait entre l'hebdo et le Web ? Non. Personne n'a trouvé la recette secrète je crois. Transcontinental, propriétaire de bon nombre d'hebdos à travers le pays sont probablement de ceux qui ont le plus d'avance dans cette lutte pour la survie. Leur site leshebdos.com regroupe les headlines de toutes leurs publications, classés par régions avec le logo des différentes publications. Visuellement ce n'est pas ce qu'il y a de plus attrayant, c'est même très statique et laid, mais au moins, un effort est mis sur la disponibilité de l'information. Là où le problème se pose, et j'avais le même problème à mon ancien boulot, c'est l'effort qui est mis localement. Alors que certains hebdos possèdent de grosses équipe avec du personnel attitré au Web et à la mise en ligne, d'autres négligent grandement cet aspect par manque de personnel et de temps surtout. Mais la solution n'est pas de centraliser ce travail car cela enlèverai à la semi indépendance chez ces publications locales. La solution, nous le savons, c'est d'y mettre les efforts. Mais quand tu publie un journal en milieu rural et qu'à peine 25% des gens qui y résident possèdent un ordinateur branché au Web c'est difficile de se convaincre que publier sur le Web c'est important...

En bout de ligne mon réfrigirateur est brisé et ça me fait chier que mon lait soit tout en grumaux.

liens: Web overtakes newspaper as source of news in US survey. (guardian.co.uk)

31.3.08

Parlons pub...

"NEW YORK The newspaper industry has experienced the worst drop in advertising revenue in more than 50 years. According to new data released by the Newspaper Association of America, total print advertising revenue in 2007 plunged 9.4% to $42 billion compared to 2006 -- the most severe percent decline since the association started measuring advertising expenditures in 1950." (editorandpublisher.com)

La majorité des journaux ont réussi tout de même à générer un profit important grâce aux diverses plateformes Web qu'ils développent en lien avec leurs publications. Mais, la NAA nous apprends également que les ventes de publicités sur le Web sont également en ralentissement...oh ?

Au cours des derniers mois j'ai assisté à deux grandes conférences et formations qui portaient exactement sur la publicité Web. Bien entendu, tout semble rouler à merveille dans ce monde de pixels et clicks - tout le monde semble emballé par les nouvelles technologies et les nouveaux widgets et compagnie qui sont développés à la vitesse de la lumière. Here today, Gone tomorrow...

Je ne peux m'empêcher de croire que nous allons éventuellement frapper un mur comme pendant le crash du "dot com" au début l'an 2000...Mais bon, pour l'instant tout semble bien rouler et tout le monde fait de l'argent.

Le perdant dans tout ça - malheureusement, les gens avec qui je travaille. Les petits et moyens journaux qui survivent grâce aux annonces locales et aux quelques rares publicités du gouvernement fédéral qui, sont de plus en plus rares depuis l'infâme scandale des commandites. Les éditeurs de ces journaux devront dès maintenant, développer une tactique Web pour enrichir leurs offres publicitaires. Mais quand l'éditeur est également le chef de pupitre, le journaliste des sports et le graphiste, c'est un peu difficile de même concevoir développer une plateforme Web lucrative...

Parlant de publicité imprimée - Chapeau aux deux grands journaux étudiants de l'Université d'Ottawa (The Fulcrum, La Rotonde) d'avoir pris la décision de boycotter les publicité des Forces canadiennes... Je sais, ça semble drôle venant de ma part, mais c'est là une décision qui a dû être difficile à prendre (considérant le revenu perdu), mais je crois que c'est là la meilleure décision à prendre aussi considérant la situation actuelle. (Nouvelles Sympatico, Radio-Canada)